Nom du blog :
aslsaumoniersduleff
Description du blog :
Migrateurs du LEFF ASL
Catégorie :
Blog Association
Date de création :
05.05.2018
Dernière mise à jour :
30.12.2025
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Derniers commentairesça fait plaisir à voir! merci pour ces belles photos
Par Philippe Le Quelle, le 31.12.2025
moi qui désabusé , ne voyais pas l'utilité de répondre à la consultation en ligne , aprés beaucoup de désillus
Par aslsaumoniersdulef, le 16.12.2025
c'est encouragent, gardons espoir!
phili ppe
Par Anonyme, le 10.11.2025
encore du beau travail, merci les amis
philippe
Par Anonyme, le 07.11.2025
bon travail de l aappma de st brieuc.
mais je pense que les problématique s du gouet et du leff ne sont pas i
Par Anonyme, le 01.11.2025
Merci à Daniel Girandon de nous avoir transmis cette pépite .
René Montfort né en 1929 à La Roche Derrien
Enquête de Daniel Giraudon le 17 janvier 1998
Mon père avant moi, mon grand-père et mon arrière grand-père étaient pêcheurs, ça fait deux
cents ans à peu près, peut-être plus. Pêcheurs de père en fils. Je n’ai qu’un neveu, il est
pêcheur.
Quatre familles Montfort de pêcheurs. Mon arrière grand-père était sur une gabarre pour faire
le talus de Paludenn. Ils ont pris ça sur la mer. 15 ha pris sur la mer. Ferme abandonnée. Mon
arrière grand-père était patron sur une gabarre à l’époque quand on a fait le mur en 1850. Mon
grand-père était né en 1846. Les pierres venaient de l’île Grande. Celles du château de chef du
bois à Pommerit-Jaudy venaient aussi de l’île Grande. Yves Gardien à la Roche a des choses
sur la construction de paludenn. Avant son service militaire mon grand-père était pêcheur. Il
était saumonier. Le saumon à l’époque, c’était quelque chose ; il y en avait pas mal. Pour
quand moi je suis arrivé, il n’y en avait plus beaucoup. Il y a eu quelques années moyennes,
assez bonnes, c’était déjà en déclin. L’année où nous nous sommes mariés,(dit sa femme) tu
en as pêché pas mal. Oui, une année comme ça. Le plus que j’ai pêché, c’est 120. A partir du
10 janvier, à l’époque, ça commençait le dix janvier, vous aviez trois semaines là, février,
mars et avril. Après ça, mois de mai, il y en avait encore quelques uns mais c’était
pratiquement terminé. Je pêchais de la Roche jusqu’à Saint-Yves (Minihy-Tréguier). Juste en
face du petit pont de chemin de fer, maintenant il a été comblé. Juste en face de çelui-là,
c’était un très bon coin par grande marée. J’en ai passé des nuits pas mal, c’était un endroit
immanquable. Mon grand-père disait quand il allait là : Ah, je vais chercher des saumons
qu’il disait, il était pratiquement sûr d’en trouver. Il y avait un bon passage, un bon virage,
immanquable par grande marée. Il pêchait avec une cisaille. Avant ça, il y en avait aussi. Oh,
à Pontrod là, c’était bon aussi. Je les pêchais à la cisaille, engin prohibé, maintenant. Un
triangle sur le bord du canot. C’est un filet, genre carrelet, mais c’était un triangle au lieu d’un
carré. Le carrelet, c’est carré. La cisaille c’était un triangle. On mettait ça en travers du
courant sur le bord du canot, on sentait cogner dedans, il fallait savoir. Quelquefois il pouvait
toucher un tout petit peu, il fallait être très attentif. J’étais seul à bord. Il ne faut pas bouger ni
rien, on sent à peine, tac il cogne dans le filet bien mais pas tout le temps, ils sont pas si cons
que ça, hein, le canot était mouillé, amarré des deux bouts.
En 44 j’allais déjà la nuit, à 15 ans quoi, j’allais déjà la nuit puisque mon père était obligé
d’aller faire la garde à Tréguier sur les bâteaux et les Allemands avaient réquisitionné les
bateaux de peur qu’on aille en Angleterre avec. Ils avaient fait grouper tous les bâteaux à
Tréguier, tous les bâteaux de Plougrescant, partout et les pêcheurs étaient obligés d’aller faire
la garde la nuit de peur qu’il y en ait qui s’en aillent comme ça et comme mon père n’était pas
libre d’aller à la pêche eh bien c’est moi qui allais. Je partais au milieu de la nuit, je n’ai
jamais eu peur la nuit. La nuit au bord de l’eau on voit, y en a qui sont étonnés, on voit assez
bien. Quelquefois, il y a des nuits bien épaisses alors on voit pas grand chose. Ur roued
sizailh.(nom de l’instrument de pêche en breton) Ils avaient une autorisation de père en fils
depuis Napoléon pour pêcher comme ça à la cisaille, ça a toujours été un engin toléré. J’ai
toujours... mais maintenant je suis en retraite, seulement les saumons, j’avais plus le droit
depuis 76, ils nous ont interdit le saumon. La société de pêche, Monnier en tête. On a quand
même le droit de pêcher des plies, du bar. Le saumon a été interdit, avec tous les filets
d’ailleurs. Pour le saumon, il y avait des mailles de 55, des grandes mailles, il le voit moins le
saumon dans l’eau et autrement on pêchait aussi du mulet du bar et des plies avec un autre et des plus petites mailles. Et la sardine du temps de ma grand-mère et de mon grand-père, la
sardine, pas la sardine, c’est le sprat. Sprat en breton. Bar, c’est garwiged, ur garwig. Et ar
meilh, c’est le mulet hag ar blaisenn (la plie) hag ar solenn (la sole). Ar somon pour le
saumon. Ça payait bien à l’époque. On le vendait à Paris. On le portait à la gare, par le train
après on était obligé d’aller à Pontrieux ou à Tréguier. On les mettait dans de la paille. On
expédiait sous paille. On mettait même deux dans le même paquet, ça faisait moins cher
l’expédition. Un mandataire. Maintenant ils sont tous morts. Il y en avait un qui avait
construit à Trégastel, Laurent Lefêvre. On ne les voyait pas mais tous les ans ils envoyaient
un petit mot. J’ai eu expédié à d’autres encore, à Michel Leclerc, celui-là payait bien aussi,
quand on pêchait beaucoup, on envoyait à deux, il ne fallait pas envoyer trop au même.
Surtout après, comme on en pêchait plus autant et que Brenner à Lézardrieux nous en prenait.
Mais en été de tout temps, on a vendu par ici. En été, ça valait rien à Paris. Après au mois de
juin, juillet, il y a des petits, 1kilo, 1 klo5, 2kilos, mais pas plus, des petits, ça on vendait dans
la région car à Paris, ça valait rien du tout. Ils étaient tous en vacances, on était obligé de
vendre dans la région. On vendait aux hôteliers parce que les gens étaient ici à la côte. Paris se
vide qu’ils mettaient, plus de demande. Ça se vendait quand même mais petit prix. On vendait
par ici, c’était plus cher.
Par petite marée, on pêchait aussi, plus que par grandes marées quelquefois. Ça, c’est un
poisson assez bizarre, c’est le temps qui joue beaucoup, le vent ici, sud-sud ouest, une bonne
tempête, là extra. Nord-est, c’est moins bon. Il y en avait quand même quelques uns,
beaucoup moins. Un jour avec mon père, on en avait quatre ou cinq chacun, le vent était là.
Ça s’est calmé. Le soir je me suis dit, je vais y aller, ça sera bon. La nuit s’était éclaircie, clair
de lune, les vents avaient changés, il y a eu de la gelée blanche, de la glace, j’ai eu froid sûr,
cette nuit-là en arrivant là-bas, à Sainte-Anne, juste en-dessous de la chapelle, j’en entends un
sauter. Ah bon ! mais c’est tout, rien du tout.je n’ai rien vu après, rien entendu. Parce que les
vents étaient partis au nord-est, le temps a changé. Ils ont descendu de bonne heure et terminé.
J’en ai entendu un et c’est tout. Une nuit blanche et froid aux pieds. On les prenait plutôt à la
marée descendante. Il y en avait à la marée montante aussi mais descendante plutôt. Ça durait
pas longtemps, on commençait quand la mer était arrivée presque basse, ça durait une heure et
demi, deux heures maximum mais après il fallait attendre pour ramener le canot à la maison
qaund on allait à Sainte-Anne, il fallait que la mer remonte : (Qu’est-ce que vous faisiez en
attendant ? ) : avoir froid ! en restant en place sur le banc de sable là-bas. Maintenant c’est
fichu, ils ont tout démoli avec les sabliers. A l’époque c’était beau. De l’embouchure du
Bizien, avec le confluent du Bizien et du Jaudy, de là, jusqu’à Pontrod, tout du long, ils ont
creusé. A sainte-Anne, il y avait un grand pont. On allait avec des charrettes, on revenait avec
des lessiveuses pleines d’huitres. Il y avait un grand banc : sabraneg Santez-Annan. Et plus
loin, il y a avait sabranenn Louedeg (à Trédarzeg) 200 m après le confluent du Bizien. C’est
là qu’on pêchait le saumon parce qu’il venait en travers de la rivière et il ne restait qu’un petit
passage l’autre côté, du côté de Saint-Yves et les saumons déviaient de sur celui-là,
automatiquement ils arrivaient, c’est pour cela que c’était le meilleur endroit. Là, il y avait la
guerre pour voir qui était le premier quand il y avait de la concurrence. Moi, je n’ai pas connu
de concurrence. Du temps de mon père, ils étaient plusieurs. Il y en avait de la Roche aussi,
des cousins, Eugène, même le parrain de mon père, Yves-Marie, le boiteux, c’était un demi-
frère à mon grand-père. Tout le monde convoitait celui-là par grande marée, cet endroit-là. Il
y a toujours un nom pour chaque place. Celui-là, c’était sabran Louedeg. Par grande marée,
c’était celui-là le meilleur. Il y avait le Poull Santez-Annan avant ça. Et il y avait le Beg
Sant-Erwan, il y avait plein d’endroits, à Trédarzec partout. Ils étaient obligés de se mettre
quelque part parce que quand les meilleures places étaient prises, on allait quand même
ailleurs. Moi j’aimais ça, ah ouais ! ah ouais, l’saumon, oui ! J’ai pas toujours été en règle.
Quand j’ai commencé, j’avais 14 ans, j’étais pas inscrit maritime. A l’époque, c’était pas
grave. J’allais à la place de mon père quoi, quand il ne pouvait pas aller. On voyait personne
la nuit. Si, les Allemands en train de faire les manœuvres dans les champs au dessus. (fallait
pas faire de bruit !) Si un saumon arrivait, t’es obligé de le tuer quand même. Et il saute dans
le canot, celui-là fait du bruit. Un petit bâton. Il y en a qui mettaient du plomb. Ur vazh. Il
fallait un canot approprié. Quand il y a du courant, il ne faut pas que le canot ait trop de quille
parce qu’on est en travers du courant. A la godille, debout. Il y avait des pieux qui existent
toujours mis par mon grand-père ou mon arrière grand-père ou d’autres, comme ça, il ‘y avait
que mettre dessus à faire. On n’était pas obligé de ressortir du canot quand on partait ailleurs,
une boucle qu’on passait dessus. Auprès de chaque pieu, ils avaient bien fait les choses les
vieux, ils avaient mis un grand caillou pour que la nuit, on les retrouve facilement, sans
lumière, hein, il y avait un grand caillou près de chacun. Prêt même si on laissait le canot là à
poser la pierre dessus pour empêcher que la barque foute le camp, c’est ce qu’on m’avait dit.
Ma vez laosket ar c’hanot deus an noz, lak ar min war an ibilh, vel-se n’ay ket ar vag
araok, si tu laisses le bateau la nuit, mets une pierre sur le pieu pour que le bateau ne s’en
aille pas parce que parfois, on rentrait à pied. Quelquefois on faisait un peu à garreg du
dindan ar gosker (autre nom de lieu) là et après on allait plus loin, quand la mer s’en allait, il
n’y avait presque plus d’eau.
On part de 100m en aval du nouveau pont
Toull fank
Runioù (sous la propriété de Eugène Loyer)
Gioc’hed (là c’était pas large)
Pont rod, ar c’harbon (il y avait un petit vieux, moi j’ai pas connu celui-là forcément, il
avait fait la guerre de Crimée, le père Le Guen, Guen kozh, il allait avec une petite cisaille,
sans canot, il allait dans l’eau, il mettait son petit haveneau comme ça en attendant et
quelquefois, j’ai entendu mon père dire, son pantalon gelait à mesure, à mesure que la mer
descendait, il restait là quand même. C’est lui qui s’occupait du passage de Pontrod. Le
passage pour aller à Tréguier. A Sainte-Anne il y avait un autre passage.
Il y avait des journées de dragages des huitres suivant les années. Il y avait aussi un jour pour
les pêcheurs à pied. Par grande marée avec des fourches et puis il y a le parc impérial.
Napoléon ne mangeait des huitres que de là, le Prince c’est plus en aval, vous savez où est
Langarv, vous savez où est la maison du garde, un peu plus en amont que Langarv, il y a une
maison blanche, c’était la maison du garde maritime autrefois entre Langarv et là, c’était le
parc impérial, les poteaux sont toujours là, il était délimité par des poteaux, je les vois
toujours bien, des pierres aussi tout autour et il paraît que Napoléon ne mangeait des huitres
que de là. Il en mangeait d’ailleurs aussi sans doute, il aimait bien celles-là, il paraît. Et elles
sont belles aussi. Dans la rivière, c’est l’endroit où elles sont les plus belles. C’est très facile
d’accés. Par Langarv c’est l’endroit le plus facile. Là on peut descendre, pas en souliers, mais
avec des bottes. Il n’y a pas de vase. Et puis elles étaient belles les huitres là, plates et jolies.
Je ne sais pas pourquoi, c’étaient les plus belles du coin.
A Garreg Du, là le pieu existe toujours, là où on s’amarrait avec mon père, celui-là, je le
voyais là, je le vois toujours. A Garreg du (une grotte juste au-dessus de la ligne electrique :
toull ar wrac’h. Il y avait un cèdre à l’entrée de la grotte.
Garreg du : vous savez où est le chemin du passage : garenn passaj, en face de Pontrod,
vous allez en aval un peu, c’est en Minihy, ça fait partie du domaine de Mezvbran c’est le
bois de Mezvbran mais la grotte est là avant Garreg du un petit peu. Toull ar Wrac’h. C’est
pas facile d’accès maintenant. Autrefois, on allait la-dedans souvent. Il faut traverser pas mal de ronces et d’aubépine. Pour aller dans la grotte, il faut monter. Elle est juste sous la ligne
électrique et il y avait un beau cèdre du Liban. Avant la guerre, il y en avait trois. Les
Allemands les ont pris. Pour la ligne, ils ont abattu le dernier. Celui-là était juste à l’entrée de
la grotte. Il était beau celui-là. Dommage d’abattre ça parce qu’il ne gènait pas la ligne.
On disait mein glas ar Roc’h mais tout venait pas de la Roche, il y en avait aussi au bois du
renard, une carrière d’ardoises aussi, chez Toupin mais l’autre côté, il y en avait aussi à
Minihy, il y en a toujours un petit peu.
Dindan ar c’hloz (sous le verger)
Bernlastr (tas de lest) il foutaient leur lest là avant de charger.
Penn liorzhioù (liorzh, c’est un petit champ)
Bodilio (il y a une grande grappe de lierre en face)
Poull Santez –Annan
Beg Sant Erwan
A Barrenn dour, on pêchait aussi. Une fois mon père dans sa cisaille, il a eu deux, eh bien
c’est là. C’est la seule fois qu’il a eu deux. Mon grand-père, une fois, il avait eu deux aussi
mais il y en a un qui s’est barré. Il y avait beaucoup de goémon, beaucoup de saloperies, mon
père avait réussi à avoir ses deux. Moi aussi une fois j’ai eu deux mais comme mon grand-
père, il y en a eu un qui s’est barré. C’est rare.
Korn Tredarzeg (à côté, au-dessus, il y a le toull tan, : là, il paraît qu’on faisait du feu pour
attirer les bateaux, un trou dans la falaise. Le vieux faisait du feu)
Sabranenn Louedeg , c’était le terminus et c’était le meilleur, dindan Sant-Erwan, sous le
Minihy.
Après c’était Langarv mais mon père m’avait dit qu’on ne prenait jamais rien là.
J’étais là avec ma cisaille tranquille et tout à coup tac ! Ce coup-ci, il y en a un, c’était le
splunjer qui a fait le coup, oui le plongeur, un petit plongeur, on l’appelle Stoupig, stouper
mais ça y en a même plus haut du côté de Kerbeuzenn partout, ceux-ci ne font que plonger, ils
ont du mal à voler , ils n’arrivent pas à décoller bien de l’eau. Aussitôt, ils sont dedans. Il est
gris, marron. On ne le voit pas beaucoup, il n’a que sa tête dehors.
Mon père me disait : quand la mer commence à baisser, tu t’éloignes un peu du bord, avec
l’expérience après on arrive à, quand la mer monte quelquefois, il passe au ras du bord et
quand la mer descend, en général, il passe plus loin. Certains autres endroits, c’est tout le
contraire. Il m’avait dit : Bez gant da jeu, pa vo aet bihan ar mor, tremen a rey ur somon
a-wechoù. C’est à pic, forcément. Quand elle baisse après alors, il faut s’éloigner, pour alors
ils ont déjà été au bord, ils commencent déjà à reprendre le chenal, ils passent plus loin. Oh,
c’est tout un art.Quand il y avait un saumon dans la rivière, on l’avait…ou quelqu’un d’autre
l’avait. Ouiais, ouais, il passait pas comme ça. Pour nous le gros machin en période de
saumon, c’étaient les crues. Ils passent directement, là ils montent directement, ils arrivent même quand la mer est basse, ils continuent de remonter. Quand la rivière est en crue, ils ont
toujours assez d’eau pour passer là. Le café qui était juste au pont, à droite après le pont, tout
de suite, il y avait un café là autrefois, et le p’tit vieux avait des allées de boules qui donnaient
juste sur la rivière et là aussi, on faisait à la senne parce qu’il y avait un trou, ils restaient là.
Oh, il nous disait ar somoned zo aet krwec’h pell zo, les saumons sont remontés depuis
longtemps, il les voyait monter avant que la mer ne soit arrivée, beaucoup. Quand il y avait
des crues, c’était comme ça, ils passaient directement. Je n’ai pas fait beaucoup de senne.
Mon père l’a fait. Parce que le saumon, ça durait pas longtemps puis on faisait aussi le
goemon. Le goemon en hiver à l’île d’Er mais il n’y avait pas le droit d’aller. Là c’était
encore un binz, ceux qui n’habitaient pas Plougrescant ou qui n’avaient pas quelqu’un
d’embarqué de Plougrescant n’avaient pas le droit de couper du goemon à l’île Loaven.
Voilà, c’était comme ça. Ça c’était lodenn (la part, le coin) celui-ci, ça c’était lodenn celui-là,
et ceux qui venaient d’ici comme nous, d’en haut, de Pouldouran, il y avait que l’île d’Er alors
mauvais ou pas mauvais, fallait aller à l’île d’Er ou bien le garde-champêtre arrivait tout de
suite. Oh, maintenant, il n’y a plus personne. J’avais mon petit canot. Quand il y avait des
crues, alors on partait au goemon. Si, du mulet, il y avait, il y en a eu du mulet. Maintenant les
gens n’aiment plus le mulet, c’est bon le mulet. Maintenant ils aiment des batonnets, du
surimi, du tout prêt, hop ! Toute l’année, il y avait du mulet. L’été, ils ne sont pas si bons. En
hiver ils sont bons. J’ai donné les endroits principaux mais entre temps quand on voyait un
sauter quand on descendait et qu’il y avait un concurrent par derrière, on se mettait en travers
ailleurs. Quelquefois, on voyait un sauter,allez hop, ils sautaient souvent les saumons. Tiens
celui-ci va arriver avec mon oncle là-bas, vaut mieux que je me mette ici en travers. Ils
passaient pas n’importe où mais il y avait une petite chance de l’avoir, pas nécessaire d’être
dans un bon coin pour les avoir. En général, on faisait deux endroits, quelquefois trois quand
on voyait un sauter, on s’arrêtait en cours de route. Quand il y avait mon père et moi, moi
j’étais à garreg du et mon père était à 200m plus bas à Dindan c’hloz, et puis après ou l’un
allait à Poull Santez Annan par grande marée et l’autre allait a Sabranenn Louedeg. Et puis,
il y avait que nous, c’était pas la peine de se grouper puisque c’était la même caisse, hein,
maintenant, c’est plus comme ça, maintenant les jeunes, faut les payer ou bien on l’exploitait.
Quand il restait à la maison, on l’exploitait comme ça. Autrefois, c’était comme ça, c’était
pour la maison. Je n’ai pas connu d’autres pêcheurs que les Montfort comme pêcheurs ici.
Mon tonton Emile a dû cesser en 52 ou 53.
Après quand il n’y a plus eu de saumon, ona été obligé de faire quelquechose. Ma femme ne
voulait pas que j’aille au goemon pendant l’hiver, alors on faisait les araignées et le homard.
Et après on allait à la crevette. On a été sur le Trieux pendant quelques années. Jusqu’en 76
l’année de la sécheresse. Là, ça a été catastrophique.
Notre secteur sur le Trieux allait de la Roche Jagu jusqu’à Lézardrieux. Du côté de Traou nez
c’était le meilleur. En face de Saint-Antoine en Pleudaniel. On allait aux balises après le
Ledanv. Au ledanv, il n’y a que de la vase. Du bar on faisait en passant, une friture quoi.
Quand on les voyait travailler là. Quand on arrivait aux balises avant le pont, là, c’était bon
pour la crevette. Une fois, un kilo 800 dans le même casier. Deux jours de rang. Des
bouquets. Que des grosses. Pas de saletés. Des crabes écrasés. J’ai eu essayé avec du poisson
mais ça attire le petit crabe. On les écrasait et on les mettait dans des petits sacs en filets, René
les décortiquait, moi (sa femme) je remplissais les sacs. Il faut faire vite avec un élastique au
bout. Une minute avec chaque casier. Qaund on a 70 casiers à faire. Saint Antoine, c’était
bon, là il y avait un petit rocher, celui-là était bon aussi. Chevred. Mon père faisait une
manne de crevettes à Loaven quand il y avait de l’herbier par grande marée. Moi, j’ai pas
connu ça. Ur vanniad. Juste au bord du chenal quand la mer descendait bien. L’herbe était longue, il paraît. Le sprat, ce n’est pas aussi rond que la sardine. Il venait en septembre. Il y en
a eu là. On l’attrapait avec la cisaille mais avec petites mailles. 55mm. Le garde venait voir.
Mon grand-père la veille de l’ouverture, il va avec ses grandes mailles. Mon grand –père était
à 20m 30m de lui. Le saumon arrive. Dal neañ ermaez.(jette-le) Il avait fallu jeter le saumon.
Au Diono et à l’île d’Er on allait aux ormeaux. Une grosse pierre : 35 en dessous. Tout de
suite un panier presque.
Pa vez gwelet korneged war e nord vez seblant amzer fall. Quand onvoit de petits arcs en
ciel, c’est sige de mauvais temps. Un genre de petits arcs en ciel, direction nord, plusieurs,
vous pouvez être sûr que peu de temsp après, mauvais temps.
Korneged war e nord (au nord). A voir des petits arcs en ciels, plusieurs. En plein jour. On
les voit bien mais faut bien observer. Ils ne sont pas tous dans la même ligne. C'’est pas des
oiseaux, comme un morceau d’arc en ciel, pas de couleur aussi prononcée, du rose, un peu
vert, tout de suite, c’est du mauvais temps. Ur varenn glav (arc en ciel, je dis.
Vous allez voir la mer, c’est juste l’heure de l’étale, c’est l’heure de l’étale admettons, vous
allez voir une vague arriver comme ça, monter en vitesse et elle va balayer la rivière tout du
long comme ça, ça aussi, c’est signe de mauvais temps. Hignet zo (c’hignad ? zo). Elle a six
heures pour descendre et six heures pour monter. Quelquefois, elle aura monté pendant une
heure ou une heure et demie, deux heures, elle va monter bien là, tout d’un coup, vous allez
voir, elle redescend en vitesse, oui de beaucoup, de un mètre quelque fois et remonté pareil
d’un coup après, ah là, c’est du mauvais temps. Et ça en mer, ça arrivait aussi. J’ai entendu
mon père dire ça : c’hignad zo. (mascaret ?)
Pour aller à Noirmoutier, quelquefois il y en a qui se font surprendre, c’est peut-être ce
phénomène qui se produit.
J’allais aussi à la pêche au lieus. Mon bateau s’appelle le Pourquoi pas.
merveilleux recit!! on en veut encore.
oui, bien belle période, belle mais rugueuse, avec de sacrés bonshommes !http://aslsaumoniersduleff.centerblog.net